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Piège à gogos ?

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Message Redsnake : Anjou Visiter le site web de l'utilisateur : Mer 17 Fév 2010, 16:41

Piège à gogos ?

Bonjour à tout le monde,

Le titre de mon post est volontairement provocateur et ceci afin de vous aider à réagir...

J'ai choisi comme beaucoup en ce moment de me lancer dans le safran et de parvenir à en vivre sous 2-3 ans. Ceci impliquera une rupture totale d'avec mon mode de vie actuel et les stabilités financière et statutaire (fonctionnaire) qui l'accompagnent : je fais ce choix et je l'assume. Mon but est de vivre décemment, humblement du fruit de mon travail. Je n'ai aucune ambition d'enrichissement.

Or actuellement j'en suis à un stade où l'enthousiasme et l'emballement de départ laisse la place à un peu plus de réfléxion voire carrément au doute.
Au fil des commentaires que je lis, je me demande s'il n'y a pas maldonne ou carrément tromperie : peut-on REELLEMENT vivre de son safran ou tout cet engouement ne servirait-il pas les intérêts de seulement qq uns ; ceux et celles notamment qui organisent des stages ou vendent des bulbes...

Au final la demande en terme de safran français permet-il d'écouler les productions ?
La majorité des restaurateurs ne préfèrent-ils pas le marocain pour des raisons financières (le client fait-il la différence dans l'assiette ?)

Ca fait un peu pavé dans la mare ; je pense que ces questions se doivent d'être posées... Twisted Evil

J'aimerais aussi être un peu rassurée...mais n'hésitez-pas à faire vos commentaires avec le plus d'honneteté possible.

Merci.

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Message Invité : : Mer 17 Fév 2010, 17:45

nous avons commencé il y a 2 ans avec 2500 bulbes et ça nous fait juste un petit complément car on valorise le safran en le transformant (confitures au safran) . Il faut vraiment aller à la recherche des clients (marchés, salons etc...) et je ne pense pas qu'on puisse en vivre mais je n'ai vraiment pas une grande expèrience.
bon courage

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Message Savoyardise : Savoie Visiter le site web de l'utilisateur : Jeu 18 Fév 2010, 9:15

Redsnake, les choses ne sont pas aussi tranchées... blanches ou noires. C'est vrai, que présenté comme tu le fais, on peut se poser la question de cette fuite en avant qui peut nous amener tous dans le mur. Je trouve que tu as bien du courage de poser ces questions. Ton effort de lucidité te sera salutaire et à d'autres aussi, peut-être.
Pourtant, une multitude de facteurs entrent en ligne de compte. Pas seulement le stage, ni même l'achat de bulbes. Pour réussir dans ce métier, il faut avoir de l'éthique, du courage physique et psychologique (ça a l'air d'une leçon de morale !). Et il faut en plus, une bonne situation géographique, un bon terrain et des qualités de vendeur. On peut réunir toutes ces qualités, ou on ne le peut pas. On est nombreux à tenter l'aventure, mais peu seront élus au terme de quelques années. Forcément, il y aura de l'"écrémage".
Voilà, je peux me tromper...

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Message safrance1 : centre : Jeu 18 Fév 2010, 10:54

Bonjour,
REDSNAKE? vous avez tout compris !!!!

Si vous pouvez garder votre emplois de fonctionnaire, gardez-le !!
Le safran est plus un miroir aux allouettes qu'une mane financière !
Il est vrais que beaucoup de personnes organisent des stages alors qu'ils n'ont comme expérience tout juste deux années de culture de safran, et font commerce de bulbes importés (avec les risques que cela comportent coté maladie ) puisqu'ils n'en ont pas encore produit !
Beaucoup de restaurateur préfère le safran Perse , imbatable au prix !

Cordialement

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Message Savoyardise : Savoie Visiter le site web de l'utilisateur : Jeu 18 Fév 2010, 16:58

Voilà dit tout haut par Safrance1 ce que beaucoup pense tout bas... Faire du safran ne peut que constituer qu'un salaire d'appoint, surtout dans les 3 ou 4 premières années. Soit on investit beaucoup, on plante beaucoup et on récolte suffisamment au bout de 2/3 ans, soit on commence modestement avec ses propres moyens physiques et financiers et on ne peut pas en vivre.
D'autre part, comme le dit par ailleurs Hervé77, la culture du safran comporte une bonne dose d'imprévus et de risques.
Restent les produits dérivés... les fabriquer (confitures, etc.) et les vendre : encore une autre paire de manches !
Etre fonctionnaire, on imagine que ce n'est pas toujours le rêve. Mais être safranier c'est comme jouer à la loterie ! A chacun de se faire son idée, selon ses motivations et ses besoins.

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Message ecobiofred : SUD OUEST : Ven 19 Fév 2010, 5:12

Quand on commence quelque chose on est toujours un jour ou l'autre en proie au doute. Et c'est bien. Ça permet de se situer soi-même, d'évaluer ses propres motivations et ses capacités, son amour de la terre, sa passion. Sûr que dans le lot de gens qui s'imaginent avoir trouvé un filon (l'or rouge) et qu'il n'y a qu'à l'exploiter, mus par la cupidité, ceux-là iront dans le mur. C'est un métier de la terre, une histoire d'amour du vivant, une passion cependant qui doit être teintée d'une grande lucidité. En effet, il faut bien saisir les nuances de la réalité du marché du safran tel que développé en France récemment. Cette pratique n'est envisageable qu'au-dessus d'un certain prix de vente qui n'a rien à voir avec ce qui se pratique en Iran. Sous ce prix minimum que je placerais à 30€ le gr en moyenne, c'est difficile, voire casse-pipe. Ce prix EST justifiable, rien que par le fait d'offrir à son client une constance de qualité et de livraison et une traçabilité. Il est évident, maintenant, qu'il faille être fort de talent commercial pour vendre le produit de sa passion à d'autres passionnés que sont les restaurateurs d'une certaine renommée qui sont où ils sont pour les mêmes raisons qualitatives. Entre passionnés, le courant doit passer. 30 € le gr. c'est 20 cents par assiette!!! Difficile à vendre?
Donc, oui, casse-pipe à ceux qui ont comme seul argument le prix et qui le cassent, comme leur pipe, avant d'avoir essayé, casse-pipe à ceux qui ne se rendent pas compte que c'est un métier qui induit un certain niveau de symbiose avec la nature, casse-pipe pour ceux qui croient que c'est facile, casse-pipe pour ceux qui ne voient en cette culture que les bénéfices qu'elle peut dégager. Il faut en effet réunir beaucoup de qualités pour y parvenir, mais, pour rassurer ceux qui le veulent vraiment, il y a moyen, oui, et que ce soit rentable au point d'en vivre, mais...MAIS... oserai-je comparer: fait-on un enfant parce que c'est rentable? Mais pour l'élever, cependant, il faut se donner les moyens. Donc, amour, intelligence, endurance, talent commercial, créativité. Pas un sans l'autre. Vous avez tout ça? Alors, vous allez réussir.
Dans cet esprit, avez-vous un avis sur le groupement en projet ? (voir sur ce forum: CLUB PRO ET GROUPEMENT ACHAT VENTE DE SAFRAN FANCAIS). Merci de votre attention.
Petite parenthèse pour la remarque sur ceux qui, d'un certain niveau, organisent des stages: Je trouvent que ces gens font un travail de fond remarquable. Les plus dynamiques ont même su porter leur succès en haut des médias. Sachez qu'ils contribuent au plus haut point à rendre aux yeux du public et des clients professionnels ses lettres de noblesse au safran français. Et tant mieux s'ils en vivent bien. Ca nous profite à tous.
Bon courage.

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Message Redsnake : Anjou Visiter le site web de l'utilisateur : Ven 19 Fév 2010, 15:06

Merci de votre réponse à tous.
Vos commentaires m'aident à y voir plus clair.
C'est vrai qu'au tout début, lorsque le projet germe, c'est l'exaltation qui prédomine et puis le cerveau refroidit petit à petit. Et c'est tant mieux.

Il est de toute façon évident que je ne vais pas donner ma démission demain et que je vais essayer de profiter au mieux des disponibilités que voudra bien me consentir mon administration... Bien qu'entre temps partiel et mise à dispo (donc sans revenu) l'organisation va être un casse-tête...

Je suis plutôt tétue, endurante je crois aussi, patiente et impatiente à la fois (j'ai le défaut de vouloir d'emblée un peu "tout et tout de suite", mais s'il le faut je sait attendre longtemps ; quand "nécessité fait loi"). Le courage ne me fait pas défaut non plus. Quand à ma capacité à vendre, je n'en sais fichetrement rien... Jamais essayé.
Alea jacta est.

L'idée d'un groupement achat-vente me paraît être une très bonne idée si ça peut aider au maintien des prix
Si je pouvais adhérer tout de suite je le ferais !!

Force et courage à toutes et tous.
Encore merci.

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Message ecobiofred : SUD OUEST : Ven 19 Fév 2010, 17:21

Redsnake a écrit:
Merci de votre réponse à tous.
Vos commentaires m'aident à y voir plus clair.
C'est vrai qu'au tout début, lorsque le projet germe, c'est l'exaltation qui prédomine et puis le cerveau refroidit petit à petit. Et c'est tant mieux.

Il est de toute façon évident que je ne vais pas donner ma démission demain et que je vais essayer de profiter au mieux des disponibilités que voudra bien me consentir mon administration... Bien qu'entre temps partiel et mise à dispo (donc sans revenu) l'organisation va être un casse-tête...

Je suis plutôt tétue, endurante je crois aussi, patiente et impatiente à la fois (j'ai le défaut de vouloir d'emblée un peu "tout et tout de suite", mais s'il le faut je sait attendre longtemps ; quand "nécessité fait loi"). Le courage ne me fait pas défaut non plus. Quand à ma capacité à vendre, je n'en sais fichetrement rien... Jamais essayé.
Alea jacta est.

L'idée d'un groupement achat-vente me paraît être une très bonne idée si ça peut aider au maintien des prix
Si je pouvais adhérer tout de suite je le ferais !!

Force et courage à toutes et tous.
Encore merci.


Pour le groupement, vous pouvez me contacter au 0468 95 85 18 du lundi au vendredi de 9H30 à 12 H00 et de 14H00 à 17H00. Laissez un message si je ne répond pas.
Bien à vous,
Freddy Simon

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Message Rabdodon : : Lun 22 Fév 2010, 11:12

Ne jamais oublier qu'en pratique, lorsqu'on essaie de vivre seul ou en famille de l'agriculture, l'important est de parvenir à étaler la charge de travail sur l'année, et donc, de pratiquer des cultures complémentaires : travailler l'une quand on a rien à faire sur l'autre.

De ce point de vue, le principal intérêt que je vois au safran est que le travail est à fournir à contretemps de cultures plus classiques.

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Message ioan16 : : Lun 22 Fév 2010, 13:12

piège à gogos

Bonjour,
Bravo, et comme par hasard, je viens de mettre mon avis qui est idem au vôtre.
Je pense effectivement que la démarche de certains et surtout d'une "certaine" n'a d'autre but que vendre du bulbe qui par ailleurs n'est pas de meilleur qualité que celui venant de l'étranger (d'après de source certaine)...
Comment des producteurs(trices) français(es) peuvent-ils(elles) fournir à raisons de 10.000 bulbes/livraison autant de crocus, même lorsque l'on prétend être le, la,les plus grands producteurs français ?
Bien sûr que cela frôle l'escroquerie !
Qu'est-ce que profiter de l'espérance et de la crédulité de personnes qui à l'heure actuelle cherchent à améliorer financièrement leur quotidien en leur faisant croire qu'ils vendront leur safran à prix d'or ?

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Message Gerard Raffaelli : Touraine : Lun 22 Fév 2010, 17:11

Bonjour
Pour donner une idée du profit à attendre voici une indication : cours du safran sur le "marché au safran" de Preuilly sur Claise (37) le samedi 20 février 2010 : 1O € le demi gramme.

Bonne chance quand même !

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Message invité : : Jeu 25 Fév 2010, 0:21

Puisque vous parlez de Preuilly et du prix du safran.
Je constate il est en hausse depuis plusieurs années et se dirige petit à petit vers la barre des 30€/g. J'en ai vu au-dessus de ce prix d'ailleurs. Preuilly ressemblait plus cette année à un marché de confitures au safran qu'à un marché du safran. J'ai pu aussi y remarquer que les safraniers attachaient plus d'importance à la manière dont ils conditionnent leur épice, fini les boites et sachets plastique. Dommage quand même qu'ils aient tous des couvercles en métal, mais bon, y a déjà du mieux.

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Message Patrice : : Mer 03 Mar 2010, 15:48

Message adressé à ioan16. Vu les précisions de votre message, faites-vous plaisir et appelé "certaine" Véronique L. car je pense que c'est d'elle qu'il s'agit. Je connais ses pubs même si je ne la connais pas personnellement. Elle a très bien réussi et tant mieux pour elle, ceci dit tout le monde n'a pas ses qualités de commerciale.
Plusieurs producteurs sont en mesure de fournir entre 50 et 100 000 bulbes chacun sans en acheter en Iran ou ailleurs. Ils vendent des bulbes français mais c'est sûr qu'ils prêchent pour leur chapelle quand il décrivent le safran comme une activité aussi rentable que la banque d'affaire.
C'est effectivement dur d'en vivre et surtout long si on ne peut pas se permettre un investissement de départ important, mais c'est possible. La vente est l'aspect déterminant de l'aventure car la culture est relativement simple d'un point de vue technique.
Pour finir, le jour ou vous aurez vous même des bulbes à vendre, je serai curieux de voir si vous diviser les prix par deux uniquement pour faire plaisir à vos clients. N'oubliez pas que le prix d'un bulbe rémunère plusieurs années d'un travail régulier et patient.

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Message Redsnake : Anjou Visiter le site web de l'utilisateur : Dim 07 Mar 2010, 10:37

Puisque tu veux parler de L., allons-y.

Il est une chose de réussir commercialement et il en est une autre de vendre sur la duplicité et les fantasmes des gens.

J'en parle d'autant mieux que je me suis trouvée, à un moment donné, dans cette position de dupe. Pour moi les choses étaient claires : j'allais plaquer mon boulot et passer les 20 prochaines années à cultiver et vendre du safran. Ca paraît tellement limpide et facile quand tu l'écoutes ! Gratter la terre, cueillir des fleurs dans une ambiance de colo : j'en veux ! Tout le monde en veut.
Puis au fil du temps, des infos que je suis allée chercher, des gens que j'ai écoutés les neurones ont baissé en température... La tête est redevenue froide et les VRAIES questions se sont posées.

Je pense que cette dame vend du fantasme pour néo-ruraux en mal de reconversion (on se calme, j'en fait partie).
Je pense que, par sa façon de communiquer (dans laquelle elle excelle), elle occulte volontairement la face obscure, compliquée et casse g... de la culture du safran. Mais il est bien entendu que si elle le faisait, les candidats aux stages se feraient moins pressants...
Je pense que son discours peut avoir de graves conséquences auprès de personnes qui ne sauront ou ne pourront pas avoir le recul nécessaire à la réflexion.

Que penser d'une dame qui était à la recherche d'une vie simple et se retrouve à donner des conférences à Dubaï ? On peut rêver mieux en terme de simplicité (et de gaz à effets de serre, surtout pour se rendre dans cet endroit qui est tout de même le symbole de la démesure et de l'arrogance de l'homme. Fin de la parenthèse).

Que les aficionados ne voient en ce post que l'expression de la jalousie (Dubaï beuuurk !) si ça peut les arranger mais ça ne fera pas avancer le chmilblik. Laughing

A vous.
La chasse au serpent rouge est ouverte... Twisted Evil

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Message Invité : : Dim 07 Mar 2010, 16:05

Il ne faut pas etre envieux Redsnake,
Derriere les personnes qui se mettent en avant en faisant croire que tout est rose, se cache bien souvent une grande galère !!!! croyez-moi !

Il fraudrait souligner ceci :
Le mirroir aux allouettes que ces personnes exploitent leur permet de subsister.
Ce qui est moins glorieux est que cela se fait au détriment de personnes qui ont un point vulnérable, qui est tout simplement l'envie de s'en sortir.
Les stages de formations à la culture du safran ont souvent un caractère limite dans l'honneteté: Les stages se déroulent quand le besoin en mains-d'oeuvre est le plus important dans la safranière ( arrachage-plantation-récolte-émondage ) les stagiaires payent et en plus ils travaillent, puis ils repartent avec 20 000 bulbes achetés au prix fort.
L'on n'apprends pas aux stagiaires les petites astuces qui leurs permetraient de réussirs tant bien que mal leur nouvelles activités.
Comment certains safraniers, ( je parle des plus grands et des plus mis en avant) peuvent dispenser de la formation payante decrite plus haut, alors qu'ils en sont à peine à leur 2ème récolte ???? au résultat plutot moyen ? Question
Chacun doit avoir un peu de lucidité avant de s'engager dans l'aventure !
Cela évite le desenchantement en cas d'échec

Bien à vous
P.S.

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