Le nom de l'Iris


Eléments pour l'histoire du nom

Dans l'antiquité : Pourquoi "Iris" ?

L'arc-en-ciel

Les auteurs de l'antiquité appellent la plante Iris.

Le nom vient selon eux du nom de l'arc-en-ciel, iris, en raison de la similitude de la multitude des couleurs.

Les grands auteurs classiques le répètent : Pline, Dioscoride puis Isidore de Séville.

Je n'ai pas accès aux écrits de Théocrite (4e siècle avant notre ère) mais ce pourrait bien être la source où les auteurs latins ont puisé cette explication.

NB : Il faut se méfier des étymologies de l'antiquité, qui relèvent bien souvent de l'"étymologie populaire" ou qui assimilent des noms phonétiquement apparentés, s'éloignant en fait de la véritable histoire du nom... A contrôler, donc, par des recherches linguistiques sérieuses.

Caius Plinius Secundus (23-79), Historia Naturalis, Liber XXI, xix.

... sed iris radice tantum commendatur, unguentis nascens et medicinae. [...] tertium locum habet Africana, amplissima inter omnes gustuque amarissima. Illyrica quoque duorum generum est: raphanitis a similitudine, quae et melior, rhizotomos. subrufa optima, quae sternumenta tractatu movet. caulem habet cubitalem, erectum; floret versicolori specie, sicut arcus caelestis, unde et nomen...

English translation: Natural History, Book 21, chap. 19, The Iris.

Ie siècle : Dioscorides, De Materia Medica I-1. in Matthiole, 1554. [Gallica : p17, p18, p19 = PDF]

Iris à cœlestis arcus similitudine nomen accepit. Folia fert gladioli, sed maiora, latiora, & pinguiora. Flores in summitate cuiusque caulis, æqualibus inter se spatijs distant, incurvi, varij : siquidem candidi, pallentes, lutei, purpurei, aut cærulei conspiciuntur : qua diversi coloris specie, quædam cœlestis arcus imago repræsentari videtur. Radices subiacent geniculatæ, solidæ, odoratæ : quæ frustatim diffectæ, in umbra siccantur, & traiectæ lino reconduntur. Melior est Illirica, & Macedonica...

Traduction in Matthiole, 1572. [Gallica : p17, p18, p19 = PDF]

« La flambe se nomme Iris pour la semblance quelle a avec l arc en ciel. Ses feuilles sont comme celles du glaieul, toutesfois plus grandes, plus larges, plus épaisses. Ses fleurs sont à la cime de chaque tige également éloignées l une de l autre, courbes, de diverses couleurs : car on y void du blanc, du palle, du iaune, du pers & bleu : laquelle diversité de couleurs la fait comparer à l arc en ciel. Les racines sont noueuses, massives, de bone odeur. On les couppe en rouelles pour les secher à l'ombre, puis on les enfile pour les garder. La meilleure flambe est celle de Slavonie, & de Macedoine... » [Orhographe originelle]

« La flambe se nomme Iris pour la ressemblance qu'elle a avec l'arc-en-ciel. Ses feuilles sont comme celles du glaïeul, toutefois plus grandes, plus larges, plus épaisses. Ses fleurs sont à la cime de chaque tige également éloignées l'une de l'autre, courbes, de diverses couleurs : car on y voit du blanc, du pâle, du jaune, du pers & bleu : laquelle diversité de couleurs la fait comparer à l'arc-en-ciel. Les racines sont noueuses, massives, de bonne odeur. On les coupe en rouelles pour les sécher à l'ombre, puis on les enfile pour les garder. La meilleure flambe est celle de Yougoslavie, & de Macédoine... » [Orhographe modernisée]

VIIe siècle : Isidore de Séville. Etymologie, Livre XVII, Chap. IX-9. Texte latin sur Bibliotheca Augustana.

Iris Illyrica a similitudine Iris caelestis nomen accepit. Unde et a Latinis arcumen dicitur quod flos eius coloris varietate eundem arcum caelestem imitetur. Illyrica autem dicitur quia in Illyrico plurima et olentissima est. Species eius foliis gladioli similis, radice aromatica, odoris boni.

La déesse Iris

On répète que l'arc-en-ciel, et donc indirectement la fleurs, tient sont nom de la déesse Iris. Là encore, il y a lieu de douter et d'attendre une étude scrupuleuse de cette question. L'arc-en-ciel semble n'avoir été l'attribut de la déeese que bien tardivement (derniers siècles avant notre ère), peut-être suite à une assimilation liée à une similitude phonétique de deux noms.

Période carolingienne : Gladiolus.

Durant la période carolingienne, le mon iris est absent des trois références traditionelles de l'époque : le fameux "capitulaire de villis", le plan de l'abbaye de Saint-Gall et l'Hortulus de Strabon. Gladiolus était employé comme synonyme semble t-il.

Vers 795-812 : Incipit capitulare de villis vel curtis imperii.

LXX. Volumus quod in horto omnes herbas habeant, id est lilium, rosas, [...] squillam, gladiolum, [...]

Des terres et cours impériales.

70. Nous voulons que l'on ai dans le jardin toutes les plantes, à savoir : lis, roses, [...] scille, iris, [...]

Texte latin sur Bibliotheca Augustana, avec photo de la liste. Texte latin et traduction sur Noctes Gallicanae.

Vers 820 : Plan de l'abbaye de Saint-Gall (suisse ), servant de modèle aux abbayes durant plusieurs siècles. A coté de l'infirmerie, « l'herbularius » (jardin des simples) abrite une vingtaine de plantes médicinales et ornementales : iris, lis, roses...

Gladiola.

Plan de l'abbaye sur www.encyclopedie-universelle.com.

Vers 842 : De cultura hortorum ou "Hortulus" - Walahfridus Strabo (808-849), moine à Reichenau (lac de Constance).

12 : Gladiola.

Texte latin sur Bibliotheca Augustana (illustré mal à propos, d'images postérieures)


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Société Française des Iris et plantes Bulbeuses (S.F.I.B.)
BP 16, 78354 Jouy-en-Josas cedex, France.