Vous avez dit SFIB ?

Iris et Bulbeuses n° 155, p 79-83. (2006).
Anne-Marie Chesnais et les membres du CA.


A l'issue de la dernière Assemblée Générale de l'association, un questionnaire a été adressé à la présidente, par l'un des participants, Sylvain Ruaud, que les lecteurs d'Iris et Bulbeuses connaissent bien. Même si de nombreux points évoqués dans ce questionnaire ont été abordés pendant l'assemblée générale de Sotteville-sur-Mer, nous avons décidé de faire part de nos réflexions à l'ensemble des membres de l'association.

1. Alors que vous venez d'être réélue à la Présidence de la SFIB, quel bilan tirez-vous de votre action passée à la tête de cette association ?

Le bilan des cinq dernières années, n'est pas celui d'une personne, mais celui d'une équipe. Parmi l'actif de ce bilan il faut retenir deux importantes réalisations :

FRANCIRIS® 2005.
La SFIB a fait revivre une tradition française avec la réalisation d'une manifestation internationale, un concours de grands iris en France, avec plusieurs actions parallèles, expositions, circuit de visites...

Pascal Vigneron écrivait dans l'éditorial de la dernière revue Iris et Bulbeuses :
« FRANCIRIS® 2005 est aussi l'aboutissement d'une idée folle : faire renaître en France un concours digne de la place des hybrideurs français dans l'histoire des iris... »

Une maxime, dont elle a oublié l'auteur, a souvent trotté dans la tête de la présidente : « ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont réalisé. »

Ce sont en effet, quelques adhérents, membres du Conseil d'Administration ou non, qui ont porté ce projet pendant cinq années. La décision de mettre sur pied un concours international a été prise à la suite de la manifestation FRANCIRIS® 2000, réalisée en partenariat avec les Jardins de Brocéliande. Chaque étape a nécessité beaucoup de réflexions et d'échanges. Il a fallu tout d'abord trouver un partenaire technique, établir une convention de partenariat, rédiger règlement et feuilles d'inscription du concours, contacter les hybrideurs dans le monde. Participer ensuite aux réunions du comité de suivi, déposer le nom FRANCIRIS à l'INPI, inscrire l'association au répertoire SIRENE...
Ce qui sous-entend : de très nombreux déplacements (non remboursés) et beaucoup de temps consacré pour les réunions, la découverte de formalités administratives bien complexes mais incontournables, etc.

Et puis, la recherche du financement de l'opération nous a conduit à établir des budgets, à réaliser des dossiers de présentation de projet, et donc à nous familiariser avec de nouveaux outils informatiques - il a aussi été nécessaire de rencontrer les partenaires, de présenter le projet devant des assemblées...

Et nous sommes devenus financiers, attachés de presse, organisateurs de circuits de visites... en bref, promoteurs de l'Iris en France et dans le monde.

Il est difficile d'imaginer que participer activement à la vie de l'association permet de rencontrer autant d'intervenants dans des domaines très variés et que ce soit aussi une opportunité d'acquérir des compétences très utiles dans de très nombreux domaines.

www.iris-bulbeuses.org, le site Internet de la SFIB
Ce site réalisé par Pascal Vigneron qui en assure la maintenance et le développement est visité chaque jour par plusieurs centaines d'internautes du monde entier. Pascal a également mis en place deux listes de discussion : iris-fr et parlons_BULBES.

Avec la réalisation de FRANCIRIS® 2005 et la mise en ligne du site, la SFIB est désormais bien reconnue dans le monde des Iris. Et pourtant, le nombre d'adhérents est en diminution : Lors de l'assemblée générale en mai 2000, l'association comptait 236 adhérents - 210 en septembre 2005. Il faut préciser que chaque année, un tiers des adhérents attend le rappel pour régler la cotisation. En 2005, aucun rappel n'a été envoyé.

Parallèlement, la SFIB a
- participé chaque année, aux plus importantes manifestations horticoles, en région parisienne : Courson et Saint-Jean-de-Beauregard, le Château d'Auvers-sur-Oise, Sérignan... Dire que la SFIB participe signifie que quelques adhérents (toujours les mêmes) consacrent, bénévolement, plusieurs journées pour tenir un stand lors de ces manifestations, mettre en pots des plantes de leur jardin pour les vendre au profit de l'association, et qu'ils collaborent à la réalisation d'expositions, par exemple en prêtant des objets de collection.
- organisé des visites de jardins, en région parisienne essentiellement, et quelques voyages à l'occasion des assemblées générales, voyages dans le Gard (2003), en Charente-Maritime (2004), en Haute-Normandie (2005).
- proposé, chaque année plusieurs centaines de graines sur les listes distribuées aux membres. Ces graines sont collectées par les adhérents ; Elles sont mises en sachet par Chantal Régnier qui assure également la préparation des listes, avec Pascal Vigneron.

2. Quels objectifs vous fixez-vous pour cette nouvelle mandature ?

Ce sont les objectifs que les membres de l'association, et aussi les administrateurs se donneront les moyens de réussir :
- Tout d'abord, mener à bien FRANCIRIS® 2007. Les iris arrivés du monde entier sont plantés dans un jardin beaucoup plus vaste à TECOMAH. Il sera nécessaire de réfléchir à la communication, aux partenariats à mettre sur pied, aux manifestations parallèles...
- Réaliser une belle revue annuelle, alternant avec des « lettres ».
- Etudier la création d'un forum de discussion iris-bulbeuses, associé au site Internet.

3. L'AG de la SFIB a été cette année une assemblée « a minima » puisque n'étaient présents qu'une quinzaine d'adhérents. Quels enseignements tirez-vous de cette faible participation ?

Depuis une quinzaine d'années, nous avons pu constater que le nombre de participants est très variable et souvent conditionné par la date retenue, les visites proposées autour de la réunion, la disponibilité des adhérents, mais aussi le montant des dépenses que ces déplacements impliquent. Certaines assemblées ont été annulées et reportées fautes d'un nombre suffisant d'inscrits, par exemple celle prévue à Fontevraud. Faut-il rappeler que la tenue d'une Assemblée Générale est obligatoire pour l'association et que la majorité des administrateurs y assistent. Peut être faudrait-il organiser l'Assemblée Générale, sans visites associées ? Faites nous part de vos suggestions.

4. Les hybrideurs et producteurs français d'iris et de plantes bulbeuses étaient absents à l'AG et sont fort peu représentés au CA. Quelles sont d'après vous les raisons de cette apparente désaffection ?

Ce ne sont pas les administrateurs qui peuvent répondre à cette question, mais les hybrideurs et producteurs eux-mêmes. Nous pouvons simplement dire qu'ils participent activement aux manifestations proposées par l'association (organisation des visites régionales, des manifestations ou concours d'iris...) et que nous entretenons de bons rapports avec eux. Par ailleurs la SFIB n'est pas l'association représentative de la profession.

5. Le « B » de SFIB s'adresse aux amateurs de plantes bulbeuses ; quelle est la place de ceux-ci parmi les adhérents de l'association ?

Aucun sondage récent n'a été réalisé. Cependant, les résultats du précédent sondage réalisé en 1995, et publié dans la revue 121, avaient montré que plus de la moitié des adhérents étaient amateurs d'espèces botaniques, iris en majorité mais aussi bulbeuses. L'association compte plusieurs collectionneurs très spécialisés en iris ou bulbeuses.
Le site Internet de la SFIB propose autant de bulbeuses que d'iris dans les sujets abordés. La fréquentation (de 400 à 700 visiteurs par jour) est déjà un élément d'appréciation.
Lors des manifestations horticoles, nous rencontrons de très nombreux passionnés, et bien souvent ils s'intéressent davantage aux espèces botaniques, iris ou bulbeuses, qu'aux hybrides.

6. Avec seulement un peu plus de 200 adhérents, la SFIB est une association plutôt marginale. N'y aurait-il pas intérêt à ce qu'elle se transforme en simple section de la SNHF ? Quel intérêt a-t-elle à conserver son autonomie ?

Cette question a souvent été évoquée, depuis plusieurs années. Aucune étude sérieuse n'a été faite sur ce sujet. Il est possible de renforcer les échanges. Mais on peut s'interroger sur les raisons qui ont décidé récemment la section la plus importante de la SNHF (la section plantes vivaces) à prendre son autonomie. La SFIB cultive avec beaucoup d'attention les relations qu'elle tisse avec les autres associations.

7. Les sites Internet et autres « blogs » francophones consacrés aux iris, ainsi que les forums de discussion sur ce sujet, ne font-ils pas du tort à l'association, puisqu'ils apportent rapidement à leurs lecteurs et participants une information que la SFIB ne leur fournit pas (ou tardivement) ?

Tout internaute, un peu curieux et disponible, peut trouver toutes les informations qu'il souhaite sur les sites Internet associatifs ou personnels, participer à des listes de discussion identifiées par leur objet et consulter des blogs écrits par des particuliers souvent avec passion et compétence. La SFIB considère donc qu'une certaine forme de complémentarité s'est établie « de fait » : il paraît donc plus intéressant d'établir et de tenir à jour les liens vers les sites, les blogs et mentionner ces listes de discussion. La vocation du site est d'être le site de la SFIB ainsi que le point d'entrée francophone du monde des iris qui irrigue toutes les compétences qui se font jour, ici ou là.

8. Pour ceux qui ne disposent pas d'Internet, un bulletin trimestriel, riche et élégant, était un des attraits essentiels de l'association. Passer à un bulletin annuel, sans qu'en parallèle l'association tire un profit matériel à ce changement, n'est ce pas les priver d'informations ?

La revue de la SFIB, Iris et Bulbeuses, ne peut être qu'un plus. Elle n'a jamais eu pour vocation d'être un centre d'informations immédiates, mais plutôt un lien entre les membres de l'association à qui elle apporte des articles parfois très (trop ?) spécialisés. Sa périodicité n'est pas un élément essentiel dans l'information apportée aux adhérents. Les informations pourraient être apportées, rapidement, par des courriers électroniques ou postaux. La revue de la SFIB, a cessé de paraître chaque trimestre ; pourquoi ? tout simplement parce que la parution d'une revue trimestrielle est conditionnée par deux facteurs incontournables :
- l'existence d'un ou de plusieurs responsables qui recherchent des articles, les mettent en page, puis transmettent à l'imprimeur, et assurent la diffusion aux abonnés, suivant un échéancier fixe - ce qui représente plusieurs semaines de travail.
- un nombre suffisant d'adhérents pour que le montant des cotisations permette de payer l'impression et la diffusion de la revue.
Ce qui n'est pas le cas actuellement, et nous a conduit à proposer une revue annuelle, plus importante et avec plus d'illustrations, à l'exemple des Sociétés d'iris Italienne et Anglaise. Mais nous sommes à l'écoute de toute proposition alternative.

Et il ne faut pas oublier que nombre de personnes ne disposent pas d'Internet et préfèrent la lecture d'un bulletin à la consultation d'un écran cathodique. Il apparaît donc judicieux de limiter le travail lié à la parution d'une revue en renforçant les liens avec les adhérents par des informations ponctuelles plus limitées diffusées électroniquement ou imprimées, selon le choix des adhérents.

9. Les voyages et visites de jardins sont des motivations importantes des adhérents de la SFIB ; comment celle-ci va-t-elle satisfaire cette demande ?

Comment ne pas être étonné par ce genre de questions ? Les visites et voyages proposés par la SFIB sont organisés par des membres de l'association. S'il n'y a pas d'adhérent volontaire pour l'organisation, il n'y a pas de voyage...
Encore faudrait-il savoir combien de personnes seraient susceptibles de participer ! Il ne sert à rien de mettre sur pied un programme, s'il n'y a pas de participants. Plusieurs voyages ayant nécessité un gros travail de préparation ont été annulés faute d'un nombre suffisant de participants. Actuellement, des voyages sont proposés partout, à des prix tout à fait abordables. Une association comme la notre a t'elle encore une place dans ce domaine ?
Ce qui paraît raisonnablement possible, actuellement :
- Proposer des visites de jardins privés, avec une organisation locale
- Continuer les voyages régionaux en France, notamment à l'occasion des Assemblées générales,
- Communiquer les programmes de voyages organisés extérieurs à la SFIB, susceptibles d'intéresser les adhérents, par exemple des voyages botaniques, avec un guide,
- Organiser des voyages au moment des concours d'iris en Italie, Allemagne, Angleterre, en collaboration avec les sociétés européennes.
Faites nous part de vos réflexions et propositions.

10. Le site Internet de la SFIB est l'un des plus réussis et des mieux tenus à jour parmi ceux qui existent sur le sujet. Comptez-vous en réaliser des versions en allemand, et surtout en anglais, pour toucher un plus large public à travers le monde ?

La réponse à cette question, complémentaire de la 7 ci-dessus, a déjà été évoquée à de nombreuses reprises lors des réunions du conseil d'administration. Les versions anglaise et allemande sont tout à fait envisageables et la SFIB accueillera toutes les bonnes volontés (bénévoles...) qui pourront mettre sur pied cette traduction. Faites vous connaître !
Il est évident qu'une version anglaise permettrait de faciliter l'accès de visiteurs étrangers et que la version allemande devient incontournable avec l'entrée en lice des hybrideurs de l'Est. Il convient de noter que le français n'est pas un obstacle insurmontable car la traduction en ligne, même encore très approximative, mais néanmoins compréhensible, est possible.
Un forum de discussion, actuellement à l'étude, permettrait de diffuser rapidement des informations, de réagir sur des sujets abordés sur d'autres sites, et d'accroître le nombre de visiteurs. Notre Webmaster y travaille !
Toute proposition constructive est la bienvenue.

L'association existe pour les adhérents mais aussi par la participation de chacun. Une action positive : envoyer sa cotisation 2006 sans attendre le rappel...

C'est vous qui choisissez l'avenir de votre association.


Société Française des Iris et plantes Bulbeuses (S.F.I.B.)
BP 16, 78354 Jouy-en-Josas cedex, France.