Iris et Bulbeuses n° 145 p 5-6. (2002). Philippe Marqueyssat.
Professeur à TECOMAH, Philippe Marqueyssat est le porteur du projet.
C'est avec enthousiasme et conscients de leur responsabilité que les élèves de la filière verte du centre de formation TECOMAH (École de la chambre de commerce et d'industrie de Paris) ont entamé dans le courant de l'été, la préparation du terrain destiné à accueillir le concours FRANCIRIS 2005.
Cette plate-bande de trois mètres de large, s'étirant sur une soixantaine de mètres de long est idéalement exposée Est-Ouest. Ainsi une fois plantés, les rhizomes pourront bénéficier de la course du soleil, tout au long de la journée, et aucune ombre portée ne viendra perturber leur " bronzage " durant les trois années à venir.
Jouxtant l'exploitation horticole annexée à l'établissement, ce futur massif de 180 m2 sera en permanence exposé à la vue de nos jeunes, qui seront ainsi mieux à même d'en assurer le suivi et d'en apprécier la lente métamorphose au fil des saisons.
Les opérations ont tout d'abord débuté par un désherbage chimique, de façon à procéder à l'élimination des quelques adventices vivaces en place. Cette intervention fut l'occasion de faire une reconnaissance de mauvaises herbes, d'aborder la réglementation en matière de manipulation des pesticides, sans oublier d'évoquer au passage quelques notions mathématiques relatives à la surface à traiter et au volume à épandre.
Quelques temps après, un désherbage mécanique, à la binette, est venu parfaire le nettoyage de la plate-bande. Un travail du sol, à l'aide d'un motoculteur, nous a permis ensuite d'en assurer le décompactage. Ce fut l'opportunité pour certains de nos élèves, d'exprimer tout leur savoir-faire en matière de conduite d'engins.
Des apports de terre de jardin, une trentaine de mètres cubes environ, en provenance d'une de nos parcelles de production, furent effectués et répartis de façon à donner un modelé uniforme à l'ensemble de la plate-bande. Un nivelage énergique mené à la griffe, assura par la suite, l'éclatement des mottes les plus volumineuses.
Enfin, pour conclure ces opérations relatives au travail du sol, un passage à l'aide d'une motobineuse fut réalisé, de façon à émietter au mieux la couche supérieure du sol, et ainsi permettre ultérieurement une meilleure diffusion de la vapeur.
C'est en effet grâce à un générateur de vapeur (température 85°C), que la désinfection du sol fut entreprise. Elle fut l'occasion pour nos élèves, de se familiariser deux jours durant, avec un matériel spécifique. Elle nous permis, par ailleurs, d'évoquer ses effets herbicide et fongicide vis-à-vis des champignons du sol.
L'enfouissement d'un engrais ternaire, nous permis ensuite de rappeler les rôles essentiels des éléments majeurs, et de justifier la prédominance de la potasse dans la formulation choisie pour les iris.
Il ne restait plus désormais qu'à matérialiser les emplacements, et constituer ainsi un gigantesque puzzle de quelques deux cents pièces triangulaires entrecoupées de passe-pieds. Ce fut chose faite à grand renfort de décamètres, réglettes, piges, et autres rayonneurs, tels des jardiniers de ville élaborant une mosaïque.
Il ne nous restait plus qu'à accueillir, non sans impatience, l'arrivée des colis et de leurs précieux rhizomes, promesse d'une joute à venir des plus colorée.