Neomarica Sprague

Iris et Bulbeuses n° 139 p 11-14. (2000). Maurice Boussard.


www.neomarica.net (DE) de

Neomarica gracilis Neomarica coerulea Neomarica humilis
Neomarica gracilis, N. coerulea et N. humilis (à l'époque sous le nom Marica).
Gravures anciennes (Bot. Mag. et Bot Reg.) by courtesy of www.botanicus.org

Bien que les Iridacées soient une famille avant tout de l'ancien Monde, les Amériques en recèlent cependant un certain nombre (300/1800 environ), principalement :

Ces 3 genres sont aisément différenciés l'un de l'autre à l'aide de la clé simple suivante :

Une monographie très récemment publiée (L. CAPELLARI*, Univers. Sao-Paulo, 2000), donne l'occasion de faire le point sur ces très belles Iridacées à la floraison (défaut inhérent à la famille), fugace mais spectaculaire et au beau feuillage persistant dont le port rapelle tout à fait celui d'un Iris.

Primitivement dénommées Marica (Cf nom de la tribu ci-dessus), on s'est avisé au cours du temps que ce nom couvrait des plantes appartenant en fait à des genres différents (Cipura, Cypella) alors même que de vraies Neomarica étaient décrites comme Moraea (genre africain) ou Iris ("Iris sylvestris" de Vellozzo, 1825 pour N. sylvestris). Ces confusions poussèrent le botaniste anglais SPRAGUE à créer ce genre Neomarica (1928). 50 ans plus tard (1977), le botaniste italo-chilien P. F. RAVENNA proposa d'inclure Neomarica dans le genre voisin Trimezia, proposition rejetée quelques années plus tard (CHUKR & GIULETTI, 1988).

Bien individualisé à ce jour, notre genre comprend 20 espèces, toutes brésiliennes saut une, N. variegata, centro-américaine, du Mexique au Costa-Rica. Ce sont habituellement des plantes de sous-bois, endémiques principalement de la "mata atlantica" (ou de ce qu'il en reste, plus de 80% ayant aujourd'hui disparu par le fait de l'Homme), forêt pluviale (=ombrophile, du grec ombros : pluie) tropicale toujours verte (sempervirente) s'étendant sur plus de 2.500 km le long des côtes brésiliennes, du N. de l'état de Bahia au Sud du pays. 2-3 espèces ont un biotope tout à fait différent, hantant les "campos cerrados" (pelouses rocheuses du plateau central brésilien), en sol sableux très pauvre et plein soleil ; elles sont d'ailleurs de culture plus délicate.

Comme déjà mentionné, ce sont des plantes à feuilles persistantes, simulant tout à fait un Iris de taille allant de 0,3 à 2m. La floraison, printanière ou estivale, se montre au sommet d'une tige aplatie dépassant souvent le feuillage et terminée par une bractée foliacée (=spathe) d'où naissent un ou plusieurs bouquets de fleurs aussi fugaces (1 journée, parfois moins) que belles, se montrant en succession. Il apparaît ensuite et souvent, après floraison, des petites plantules à l'extrémité de cette tige qui, sous leur poids, finit par rejoindre le sol permettant alors leur enracinement et une multiplication végétative de la plante. Les graines, également produites, rappellent celles des Iris et sont de germination capricieuse.

En raison de leur origine tropicale et caractère sempervirent, les Neomarica doivent, sauf en régions à climat très clément (côte basque ou méditerranéenne) où elles supportent le plein air, être cultivées en serre leur assurant une température de 10°C. minimum, en sol humeux maintenu constamment humide, à mi-ombre.

Pour raisons de simplicité et de commodité, les espèces énumérées ci-dessous sont classées en fonction du coloris dominant de leur fleur, blanc, jaune ou bleu/violet. C'est en fait celui des segments externes (sépales), plus ou moins étalés, parfois retombants (Cf Iris), à base en règle mouchetée de pourpre rouge ou brun. Les 3 tépales internes (pétales) sont assez semblables quelle qu'en soit l'espèce, à base identique à celle des sépales, mais extrémité dressée et recourbée vers l'extérieur à veines et panachures violet vif sur fond blanc. Elles dégagent souvent un agréable parfum qui n'est pas sans rappeler celui de la pivoine ou de la rose.


Espèces à fleurs blanches

Neomarica gracilis
Neomarica gracilis (Curtis Bot. Mag. t.3713*)

Fleurs bleues ou violettes

Neomarica coerulea
Neomarica coerulea (Bot Reg. t.713*)
Neomarica
Neomarica humilis (Bot. Mag. t.3809*)

Espèces à fleurs jaunes


Quelques unes de ces espèces sont disponibles chez des horticulteurs spécialisés : N. candida (sous le nom erroné de gracilis), coerulea, northiana et possiblement bientôt fluminensis.

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* Capellari Jr. L. 2000. Revisão taxonômica do gênero Neomarica Sprague (tribo Mariceae, subfam. Iridoïdeae, Iridaceae). Tese de Doutorado. Instituto de Biologia. Universidade Estadual de Campinas, 300 p.
(http://libdigi.unicamp.br/document/?code=vtls000202796)



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