Iris et Bulbeuses n° 137 p 7. (2000). Koen Engelen.
A sept heures du matin, Le jeudi 18 mai, le partais en voiture, direction Rennes, pour le grand Concours Francids, organisé par la Société Française d'Iris.
C'était un honneur pour moi de figurer comme juge international avec le Professeur Gambassini, Madame Perrier, Madame Brunel et Monsieur Bourdillon.
Pendant mon voyage vers Rennes, je visitais des amis à Evreux et à Brionne. J'étais bien surpris par la beauté de la Normandie, les iris plantés aux toits des maisons et surtout le peu de voitures sur les autoroutes, quelque chose qu'on ne peut pas imaginer chez nous.
A 20 h 30, j'arrivais à l'Hôtel Brit sans me tromper de direction. Merci à Madame Loutz de ses expliccdions ; après un bon repas et après avoir fait la connaissance des responsables de Franciris, je cherchais mon lit pour rêver des iris (que penser d'autre !) et au lendemain, jour de jugement aux Jardins de Brocéliande. Je n'avais aucune idée de la conception de ces jardins.
Eh bien, je peux vous confirmer que j'ai été étonné par la beauté de ce nouveau parc, I'archnecture et l'aimable accueil des responsables.
La plantation des iris en lignes, dans les carrés d'iris anciens, était bien étudiée. Quel spectacle ! Cela doit être magnifique vu d'avion. Á cause du mauvais temps, la floraison était tardive et on remarquait des cultivars très "maigres" mais aussi des beautés ! C'est ça la sélection, n'est ce pas ?
Ici, aux Jardins de Brocéliande, on pouvait bien observer la vigueur des iris anciens et celle des nouvelles créations. Je veux profiter de cette occasion pour dire aux créateurs de bien sélectionner, pas uniquement sur les couleurs, mais bien aussi sur la résistance aux maladies, sur le feuillage et sur le nombre de boutons.
Qu'est-ce qu'on peut faire avec un iris à la fleur impeccable et de couleur sublime si la plante ne pousse pas et que la durée de floraison est limitée à 4 boutons ?
Depuis trente ans, on a sélectionné sur les fleurs ; maintenant il est temps de se concentrer sur les autres qualités des iris, c'est à dire, remontance, parfum et résistance aux maladies.
Après une introduction professionnelle par le Professeur Gambassini, les juges commençaient leurs observations.
Avec un peu d'expérience, on reconnaît tout de suite les Iris de qualité avant les autres. C'était aussi le cas pour ce concours.
Pour baser mon jugement, je fais comme Perry Dyer et Barry Blyth me l'ont appris, c'est à dire : - observer de loin, pour prendre note de la qualité des iris à juger, - toujours de loin, observer les iris comme une plante de jardin, sans concession.
Un iris doit d'abord, attirer notre attention par sa présence en général l'élégance, la fierté, la prodigalité. On ne peut pas juger ces qualités avec le nez dans la fleur !
Quand J'ai bien observé, je commence par le Jugement des iris qui me semblent les plus faibles. Il faut être objectif en sachant que toutes les fleurs sont belles. Et il ne faut pas se laisser tromper par des commentaires comme : "oui, mais s'il faisait plus beau..." ; "oui, mais normalement, il y a plus de boutons..," Non, on ne peut juger que les choses observables sur le moment. Sinon, on n'est plus objectif.
Pour les apprentis, il ne faut pas toucher les sépales pour s'assurer des qualités. Si on ne voit pas par observation l'épaisseur des sépales... on n'a pas beaucoup l'expérience des iris. Autrement, si 5 juges et 5 apprentis frottent une fleur, qu'en reste-t-il ?
A 17 heures, les juges se rassemblaient pour compter les points individuels. Eh bien, je félicite les gagnants et bon courage aux autres. Continuez l'hybridation : c'est la passion, c'est le plaisir.
Je n'ai pas eu la possibilité de rester avec l'équipe de la S.F.I.B. pendant les 3 jours; c'est dommage. Je le regrette, Un grand merci pour le merveilleux accueil et continuez le bon travail. Et mes félicitations aux gens qui ont réalisé les Jardins de Brocéliande et spécialement à l'enthousiasme de Virginie Fur.