Iris et Bulbeuses n° 133, p 24-25. (1999). Barry Blyth.
(traduit de l'anglais par Agnès de Béja)
A une époque où l'on parle de recyclage, de jardinage écologique et d'usage parcimonieux de l'eau, beaucoup de gens se demandent s'ils doivent protéger ou non leurs iris par un mulch, comme certains le recommandent dans les magazines ou autres media. La réponse n'est pas un oui ou non définitif, mais ce serait plutôt un non avec cependant deux observations que l'on va exposer un peu plus loin.
La plupart des iris et des bulbeuses réclament la chaleur de l'été pour déclencher la floraison de l'année suivante, de sorte que, s'ils sont protégés par un mulch, le soleil est empêché de remplir son rôle et ne peut réchauffer le bulbe et le sol. C'est souvent l'une des raisons pour lesquelles les iris ou les bulbeuses ne fleurissent pas.
Un autre problème qui peut survenir si l'on utilise comme mulch des déchets de tonte de gazon ou du compost, c'est que la décomposition des matières organiques peut entraîner la pourriture du rhizome et la mort de la plante.
Un mulch encourage aussi le développement de champignons parasites des feuilles, ce qui est la cause de la présence d'un feuillage disgracieux, au printemps ou à l'automne.
L'utilisation de fumiers en guise de mulch a les mêmes conséquences ; aussi, si vous voulez en faire usage, mettez le plutôt en terre sous les plantes au moment de la transplantation.
Les observations dont il était question tout à l'heure concernent d'une part, les iris à barbes et les spurias, d'autre part, les iris de Louisiane.
Un seul mulch fait du bon travail et peut se révéler très avantageux : ce sont les débris de pierre ou les scories. Leur bénéfice n'est pas immédiatement évident, sauf en ce qui concerne le contrôle des mauvaises herbes et la conservation de l'humidité. Cependant, ils agissent aussi comme des réservoirs de chaleur et peuvent aider au déclenchement du phénomène de floraison pour la saison suivante. De plus, en choisissant judicieusement la couleur de la pierre, vous pouvez coordonner la couleur des plates-bandes du jardin. Evidemment, lorsque les plates-bandes doivent être bêchées, il est bien difficile d'enlever tous les débris de pierre... Un ou deux jardiniers m'ont dit qu'ils avaient utilisé des briques ou des pavés entre leurs iris pour parvenir au même résultat, et que c'était également de bons réservoirs de chaleur. Cela peut abriter les limaces, les escargots et autres petites bêtes qui ont leur part de nuisance, mais en toutes choses il faut faire un choix. Les pavés pourraient être une bonne idée pour peu qu'ils soient choisis avec goût, et ils sont plus faciles à enlever s'il le faut.
Le seul autre mulch qui soit intéressant, est la paille de riz (1). Elle ne provoque pas la pourriture du rhizome, et est suffisamment légère pour ne pas empêcher la chaleur du soleil de pénétrer. Cependant dans les endroits ventés, elle peut être emportée loin des plates-bandes, et elle n'interdit pas totalement la pousse de l'herbe.
Ils tirent vraiment bénéfice d'un mulch. N'utilisez pas de déchets de tonte, peu esthétiques, qui fermentent quand ils se décomposent, mais de l'écorce de pin, des copeaux de peuplier, des tiges de haricot, de canne à sucre (1) ou tout autre matériau organique non calcaire et imputrescible. Cela peut être une sage opération dans les régions vraiment chaudes où les rhizomes risquent d'être brûlés par le soleil et pourrir ensuite.
Ce ne sont là que des grandes lignes et chacun a ses propres expériences, aussi bien heureuses que malheureuses, de sorte que si quelque chose vous a réussi, continuez-le. Et si cela a abouti à un désastre, alors lisez les présentes notes, et voyez si vous y trouvez ce que vous pourriez faire pour améliorer votre taux de réussite et aider l'environnement.
(1) NDLR : l'auteur est un célèbre hybrideur australien, et ce sont des matériaux que l'on trouve là-bas !