×Amarine


Amarine 'Kerdalo'
Amarine 'Kerdalo'
Amarine 'Kerdalo'

De prime abord, c'est à une très robuste nérine que ressemble l'amarine.
Elle en est proche par ses fleurs roses aux tépales étroits enroulés à l'extrémité et par leur disposition en couronne au sommet d'une hampe souple.

C'est qu'en effet, l'amarine est fille de la fluette nérine (N. bowdenii). Mais elle est fille également de la robuste Amaryllis belladonna.
Son nom lui vient de cette double parenté, Amaryllis x Nerine (1). Comme il se doit, son nom de genre hybride (nothogenre) est précédé du signe de multiplication × (2).

Les deux parents, qui ont en commun de fleurir sans feuilles en fin d'été ou début d'automne, diffèrent par leur saison de végétation : L'Amaryllis développe ses feuilles après la floraison et les garde tout l'hiver. Au contraire Nerine bowdenii développe ses feuilles au printemps et les perd en fin d'été (parfois elles persistent, affaissées au sol, jusqu'à la floraison.)

×Amarine cumule en quelque sorte les deux périodes de végétation de ses parents et garde ses feuilles dix mois par an. Elle prend un repos, sans feuilles, en juillet-août (l'arrosage à cette période pourrait compromettre la floraison). La période la plus froide de l'hiver lui impose souvent une seconde période de repos, relatif.

Retenons que l'amarine se distingue aisément de ses parents par son feuillage vigoureusement développé lors de la floraison.

Amarine 'Kerdalo'
Amarine 'Kerdalo'

Culture

Sa culture est des plus simple, dès lors que le climat et le sol lui conviennent.

Sa rusticité est moyenne, à l'instar de beaucoup de plantes de climat méditerranéen. Aussi rustique que l'Amarcrinum, l'amarine semble recupèrer plus rapidement de l'effet du gel par sa "dormance" hivernale. La zone climatique 9 (bordure méditerranéenne et atlantique) lui convient bien. En zone plus froide on devra veiller à lui donner un sol particulièrement bien drainé et une exposition chaude. On le protège l'hiver par un bon paillage.
Il est possible de la cultiver dans de grosses potées de 30 cm ou plus, à rentrer en serre froide en janvier-février.

Les bulbes se trouvent dans le commerce durant les deux périodes de repos de la plante : en été mais aussi en hiver.

Le bulbe est planté superficiellement, le haut du col du bulbe situé au niveau de la surface du sol.
En pot, on utilisera un mélange pouvant contenir jusque 50% en volume de drainage de type pouzzolane. On laisse les gros pots au soleil l'été, sans arrosage en juillet-août.

La floraison, de longue durée, a lieu d'octobre à novembre. Les fleurs peuvent être coupées et mises en vase.

Cultivars

Il n'est connu actuellement qu'une nothoespèce dans le genre : ×Amarine tubergenii (3).

En revanche, cette espèce comporte plusieurs clones, dont certains sont nommés.

Le premier historiquement fut créé par Van Tubergen & Co au jardin de Zwanenburg. On voit que la nouvelle espèce reçu le nom de son créateur et le clone prit le nom du jardin : ×Amarine tubergenii 'Zwanenburg'.

Peu d'informations sont disponibles sur d'autres cultivars. Le site de l'IBS montre un cultivar rose semblant australien, 'Kevin Walters', et un forum de Taïwan montre une amarine blanche.

Un cultivar remarquable est cultivé dans le jardin de Kerdalo. Il se distingue par ses fleurs d'un rose très soutenu, plus foncé que les amarines habituelles, sur de hautes hampes de 75 cm. Sa période de végétation estivale est légèrement plus courte.
Son origine et son identité éventuelle nous sont actuellement inconnues. En pratique, il est appelé amarine 'Kerdalo'. Les photographies illustrant cet article le montrent cultivé en pot à Saint-Cloud, chez le fils du créateur du jardin de Kerdalo. La multiplication et la diffusion de ce clone méritant sont à encourager.

On trouve des amarines en vente au catalogue Bulb'Argence (ainsi que des nérines et des amaryllis).
Le cultivar 'Kerdalo' de propagation plus lente, y est en cours de multiplication. Il pourrait être disponible dans 3 à 5 ans.




1 : Conformément au Code International de Nomenclature Botanique (ICBN), Article H.6.2.
Voir le code sur www.tela-botanica.org/page:code_botanique_st_louis?wiki=CinbAppendiceI&show_comments=1

2 : ICBN, Article H.3.1.
A défaut du signe "multiplier" on utilise la lettre x minuscule séparée du nom par un espace (Recommandation H.3A.)

3 : NB : ce nom regroupe tous les hybrides possibles entre A. belladonna et N. bowdenii, quel que soit le sens du croisement, de toutes générations F1, F2 et ultérieures (si certaines plantes se révélaient fertiles...) ainsi que le recroisement avec un parent. ICBN, Article H.4.

Voir aussi la page Amarine sur www.amaryllidaceae.org.


Fiche rédigée par P. Vigneron avec la collaboration de Lauw de Jager

Société Française des Iris et plantes Bulbeuses (S.F.I.B.)
BP 16, 78354 Jouy-en-Josas cedex, France.